(Adagio, d'Albinioni)
Vous êtes les danseuses de la République.
Une armée de petits rats aux longues jambes d'albâtre, deux yeux brillants sur un visage de poupée déjà marqué par les rides. La scène est sombre, un ocre maladif pâli par les néons, qui se fond en bleu nuit là où les rideaux frôlent le cou, sous un chignon serré, trop serré déjà, une goutte de sang perle juste derrière l'oreille.
Vous êtes le luxe de la vieille Europe.
Dansez, maintenant. Elle s'élance - il, peut être?- les muscles se délient et s'empoignent sous la chair serrée par les bas lune et veinée déjà, comme le sang crispé sous la grâce si belle, trop fluide déjà pour sembler naturelle, cet art du faire-semblant, et, au tout premier rang ,les complices masqués passent lentement la langue sur leurs lèvres maladives, les yeux à demi-clos, translucents;
Vous êtes les danseuses de la République.
Sa jambe s'étire et s'arque, longue, blanche aussi sa nuque comme celle d'un cygne, et le bras dessine son chant les doigts tendus, la chair lisse déjà, lisse comme une idole qui depuis deux mille ans a fait face au rocher; sa jambe se soulève, et le pied pivote, tout est sombre en-dessous mais ils se penchent quand même, appâtés,habitués, déçus encore et affamés, dégoutés apeurés et transis, morts déja, mais trop las pour s'y faire.
Vous êtes ce dernier luxe d'une France incontinente.
Alors dansez, maintenant.
1 comment:
Commence par t'entraîner à danser sur les mots avants de te lancer dans les grands ballets... Nan parce que c'est bien pratique pour nettoyer la poussière, mais c'est lourd à porter pour des chtits bras jbolowolobeux.
Tout n'est qu'oeuvre et entrainement. Au quotidien, travailler. Pour acquérir une science de l'accrobatie.
Gouzi gazoo. C'est fou, ça, quand la Parole nous échappe, et plus on tente de La retenir, qui coule entre nos doigts, pour mieux s'en abreuver et étancher la soif de ces journées trop lourdes, plus Elle s'enfuit, incontrolable.
Merci, Mr.Histoire? merci à toi, petite Dupe, d'avoir signé sans lire les petits caractères, qui chuchotaient: good lords! and good luck...
[ce qui est marant avec les degrés, c'est que plus il fait chaud, plus c'est pointu, et plus on peut attacher de sens et d'Implicite aux mots]
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