26.8.08

La route

Peu a peu j'apprends a avancer a l'aveugle, confiante que le futur n'est qu'une suite de présents.
J'apprends a ne pas regretter le plat que j'ai commandé, a ne pas douter que s'il m'apparaissait bon tout a l'heure, il me paraitra bon encore, puisque l'appétit vient en mangeant.
J'apprends qu'il est toujours possible de poser ses couverts et regler l'addition a l'amiable.
Et de se remettre, plus tard, de toute déception, dans la jouissance absolue d'etre en vie, en santé, jeune et libre de choix. Jusqu'a ceder a la tentation d'une nouvelle enseigne.
La confiance, un peu. Vers l'inconscience consentante.

Je tente peu a peu d'apprivoiser le "je".
Mais n'apprends pas a me passer des euphémismes.

24.8.08

J’ai pensé t’envoyer des fleurs : un bouton de rose dans une enveloppe timbrée.

J’ai cueilli de la beauté pour toi. Des ondes de plastique qui dorment au fond de ma pochette à indispensables.

Je voulais te faire sourire. Je retrouvais la sensation si extraordinaire de compter pour quelqu’un, dans les mots, dans les mains. J’ai jeté au loin mon burin habituel, je me suis laissée à peindre en chantonnant de grands vitraux de reves. Les yeux perdus dans ces couleurs j’ai trébuché un pas de trop me raccrochant a toi, boulet bleu et virtuel.

Je suis restée la main tendue jusqu'à choper des crampes. Les joues empourprées de honte lorsque mes doigts tendus t’effleuraient. Tu te taisais.

Mon bras est retombé tout seul. Je l’attache à mon ventre avec les fils arrachés du telephone. La nuit a ramené mon burin. Je sais les gestes a faire, et quelles arteres lier. Promis.

Going, going, gone


photo Sophia Vialatte



You know you're alone when there's no one to speak to.
So the lips slowly merge, the brain slows down and a hole starts to widen in the groin, where all the words go which have grown in your throat. The eyes stop speaking, the smile stays in place. A nod, a laugh, and a spoonful of sugar helps the medicine go down.
Stand-by mode.



19.8.08

Marre de trembler à chaque pas.
Marre de briser tous les rêves au biseau.
Marre de ne pas savoir. Et de devoir, quand meme.
Marre d'avoir le monde sur les bras. Les regards sur moi.
Marre de devoir remplir trois standards a la fois. Pire: de le vouloir.

Soirée coup de blues.

Musique.

16.8.08

Vanilla skies



Ma main sent la vanille. Renouvelle imprégnation. Ce pouvoir d'évocation si fort secoue les neurones comme une ardoise magique pour y former de nouveaux fantasmes. Se perdre dans le parfum, la luxure, comme on se glisserait ivre de nuit sous la surface de la piscine.
Senteur. Pure jouissance.

Peur de moi meme et des cercles vicieux du désir.
En attendant me saoûle à la liqueur de nuit.


13.8.08

Far (3)




Ramer dans une mer de temps huileuse.
Sans oser s'endormir de peur de dériver.
Respirer.


2.8.08

Waiting room (2)


Lyon-Marseille TGV



Ce sont les pires moments de la salle d'attente.
Ni les magazines ni la fenetre ne distraient.
Les yeux fixés sur la porte attendre. Plus rien ne compte sinon la pesanteur du siège et l'appréhension rythmée de l'horloge. Sans savoir meme si la porte s'ouvrira.
L'esprit livré en pâture aux fantasmes de la porte ouverte. Ouvrante. Close. Et puis brisant sa propre attente au burin mental. Sans pour autant détourner les yeux. Livré en pâture aux fantasmes de la porte ouverte. Ouvrante.
Close.

1.8.08


Hercules and love affair - Blind