31.5.06

Sweams





La torpeur d'un été recréé à l'abri de quatre murs et des corps;

L'air, qui s'infiltre, brise de soleil et nuages qui pleurent, à grosses gouttes mouillés, comme un écho ;
Et comme la pluie qui file, vers l'Ouest, la mélancolie souffle à l'oreille des sourds, emplit la tête et coule encore, coule ailleurs, ne laissant qu'un sable sec, et doré, et pur;

Et des rayons se chassent tout le long des murs bleus, l'horloge tourbillonne, mais dans cette bulle le temps s'étire comme la courbe du cou d'un rêve, un duvet scintillant retient les minutes avec le regard, pour que l'on vive encore;

Pour que l'on vive encore, impressions, et toujour
s.

28.5.06

Seven Days

Partir c'est mourir un peu,
C'est mourir à ce que l'on aime :
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.

C'est toujours le deuil d'un voeu,
Le dernier vers d'un poème ;
Partir, c'est mourir à ce que l'on aime.

Et l'on part et c'est un jeu
Et jusqu'à l'adieu suprème
C'est son âme que l'on sème,
Que l'on sème en chaque adieu :
Partir, c'est mourir un peu.


Edmond HARAUCOURT (1891).

(alors on tourne le dos , on prend a droite, et on s'eloigne, sans un regard - ne pas regarder en arriere - ne pas s'affadir, froid, dans les bras d'inconnus - ne pas regretter)

->Et le Bac, c'est notre réunion d'ancien combattants?
~

U
n lundi. Un mardi. Un mercredi. Un jeudi. Un vendredi. Un samedi.
Un cine-club. Une fois 50 Etats. Un aprem au club. Un jeudi midi. Un vendredi soir.

Won't the little bald monks slow down our cylinders, make the minutes last for hours,and intense- ?

25.5.06

Prudhommes



"
Et c'est vrai que la nuit enfle les mots,
Des vents tournent leurs pages, des feux rabattent
Leurs bêtes effrayées jusque sous nos pas.
Avons nous cru que nous mènerait loin
Le chemin qui se perd dans l'évidence,
Non, les images se heurtent à l'au qui monte,
Leur syntaxe est incohérente, de la cendre, et
Bientôt même il n'y a plus d'images,
P
lus de livre, plus de grand corps chaleureux du monde
A étreindre des bras de notre désir."



Y.Bonnefoy, "le leurre des mots"

24.5.06

A-plat


Rentrer chez soi : tenir la distance entre une porte et l'autre.
Apres un dernier geste, le trottoir qui pivote, flou de caméra, et un pas devant l'autre , a travers les noms qui defilent : St-Jacques, Soufflot, Luxemboug, Massy-pal, Denfert, Laplace, Bourg-la-reine, Antony enfin, René Cassin, Gabriel Péri, Céline, passage de la Bièvre...
Lorsque s'ouvrent les grands espaces du ciel au bout des rues, que la foule se presse, immatérielle, la force d'interraction disparaît. Llibérée de toute pression exterieure, la pensée surgit, déploie ses ailes, et en couvre mon cou - astronaute dans la ville, astronaute sur les quais, la tete dans un casque translucide, le corps au sein d'une fine membrane de silence - les pensées s'y entrechoquent, s'y infiltrent, en frappent les parois et le crâne à nouveau, deux cents rebonds feutrés - et sur mon filtre glissent les yeux des voyageurs qui ne voient pas.
Force de l'habitude.
Qui ne pourraient pas voir - sur les quais, dans le train, dans les rues, aux carrefours, les yeux se cherchent sans se trouver ; nos peaux sont recouvertes de plastique, et les contacts glissent, et on s'ignore alors, puisqu'on ne sait faire que ça.
Et dans cette membrane qu'on ne remarque plus tant elle est familière, un corps gesticulant pour lui-meme se debat - les mots rebondissent sur la paroi transparente , rabattus dans la gorge, et s'y tassent en un noeud qui élance, empoisonne - avale, refoule, oublie, machinal.
Le paysage qui file, trop connu, trop semblable à celui d'hier, renvoie le regard à lui-meme comme une balle de ping-pong lancée du haut d'un train et, l'espace d'un trajet, la pensée règne, absolue-
Je suis ce que je pense.
Cher Hamlet? Mieux vaudrait ne pas être.

23.5.06

Skipping stones and mermaid hair


Des echos - reverbérés de voix, de paroles, de mélodies ; en boucle les images qui fusionnent dans ma tête, en boucle aussi ces deux syllabes, trois peut etre si l'on en paume en traduction, qui ont creusé leur nid entre deux papilles au repos.
Noire - elle est noire, cette nuit aux formes géométriques, troublée uniquement par les courbes du drap et le carré potentiel qui pourrait jaillir, éclairé, mais reste prostré à se taire et à s'effacer, hydre moderne ( coupez lui donc la tete, il en repoussera huit ).
Un réseau d'ondes et d'influences, de non-dits, de silences et d'or, de rires de messages cryptés en sourcils, d'ordres clairs murmurés et de longs roucoulements à travers les coursives, d'habitude et d'oubli, d'ennui aussi, aux longues heures d'été qui approchent -
quelle difference, entre soleil et sommeil?
C'est insomnie : point d'hibernation.
~
Toutes les couleurs, dit Bacon, s'accordent dans l'obscurité.

17.5.06

Summerland


Keeping pace with a stranger in the street, and just letting your mind go -

L'odeur de la glycine est lourde, belle, et si sucrée / ici.

8.5.06

14:07

A ma gauche, un chat qui dort.
A ma droite, un chat qui dort.
Et je suis supposée me motiver comment, deja?


comme on le dit si bien:
Non nous ne blairons plus l'infortunée Didon.
et oui c'est un doublhexametre.

1.5.06

Fisherman's knot


le pêcheur se tient à la limite du flot - eau qui dort - poids des monts - mots tus, ne pas laisser frêmir l'appât - attentintemporelle - attentat soi

Quel est l'imbécile qui un jour déclara "l'espoir fait vivre"?

Yesterday, I had a dream.
It was dark all around, and little by little I pulled myself up to the gates of heaven. I hoisted myself up by my bootstraps, holding my breath so as not to disturb the clouds - and my hands slipped and bled, but skin held and skin pressed, and when skin met the warmth of golden sun, I knew I'd reached the doors through which all paths could be sublime - sublimated from solid earth to scent -
and for one supreme moment, I rose above the clouds and saw the open gates, threw my mind ahead to lit the way, then the lights went on again - and I saw the rope I'd been clinging to was but a whisp of discarded air - and I fell, hard, back to reallife in the blink of an eye -
and with this blink I woke up , angel-cursing profane once more.


Sleep does us no good.
So let's stay awake the whole night long...and all the nights that'll be...mind masochists escaping the solace of nightmares.