25.9.06
Dans son palais d'argent-
On m'a dit que l'automne s'est equinoxée y'a trois jours.
Impressions d'automnes, alors. Comme ces poêmes qu'on composait au primaire, et va qu'on s'appliquait, pour plaire à la maîtresse... Aujourd'hui la maîtresse a changé, mais le rer reste le même. Matin et soir, parfois plus, ou moins, qu'importe - le ronronnement des murs dorés, des banquettes sombres, de la nuit noire aussi, comme un gant de velours.
Qui m'offrirait un gant de velours? L'un de ces longs gants de pourpre brune, d'ocre encore, ou rouge burlat - une ébène de cerise en tissu. L'un de ces longs manchons doux qui laissent apparaître, dans un souffle de vent, comme un tissu plus pâle là où fuit le manteau.
Et une boucle s'échappe toujours du chignon relâché. Toujours.
On m'a dit que le Temps, c'est un beau salaud. Notre pire ennemi. Mais si les jours trop courts sont suivis de nuits trop longues, je ne vais pas me plaindre.
De toute manière, personne n'est capable de me dire ce que je rêve et ce qui est. Je dois porter les gènes d'un réveille-matin - chaque seconde est comme celle où l'on émerge brusquement du sommeil. Et je ne sais plus ce qui est solide et ce que j'imagine. Si les rires et les esquives rendent lucide ou paranoïaque.
Quoi qu'il en soit, le temps ne change rien à l'affaire: quand on est con... n'est ce point, messieurs dames?
A ce point, c'en deviendrait presque une certitude. Arrêter de se faire des films.
Et que deviennent les dessins animés? Le droit de peindre les visages des gens dans la rue; le droit de brûler soudain trois traits de couleur dans le ciel; le droit de visualiser en technicolor, comme à l'ancien temps?
Suis-je bête, nous avons tous les droits. Sauf peut-être celui de savoir.
Savoir de quoi je puis bien être causante, à cette virgule, à cette pensée, à cet instant comme on dit.
Va, tentons à nouveau la selbstmord du travail.
J'attends. Les vacances. L'enthousiasme. Rien. Le jour d'après. Le sommeil, au contraire. La perte. Le KB. Les oiseaux. La nuit. La Nuit. Les anges. Paris. New York. Que sais-je ...
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lsh
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21.9.06
19.9.06
16.9.06
13.9.06
11.9.06
Merci, Mr.Histoire

(Adagio, d'Albinioni)
Vous êtes les danseuses de la République.
Une armée de petits rats aux longues jambes d'albâtre, deux yeux brillants sur un visage de poupée déjà marqué par les rides. La scène est sombre, un ocre maladif pâli par les néons, qui se fond en bleu nuit là où les rideaux frôlent le cou, sous un chignon serré, trop serré déjà, une goutte de sang perle juste derrière l'oreille.
Vous êtes le luxe de la vieille Europe.
Dansez, maintenant. Elle s'élance - il, peut être?- les muscles se délient et s'empoignent sous la chair serrée par les bas lune et veinée déjà, comme le sang crispé sous la grâce si belle, trop fluide déjà pour sembler naturelle, cet art du faire-semblant, et, au tout premier rang ,les complices masqués passent lentement la langue sur leurs lèvres maladives, les yeux à demi-clos, translucents;
Vous êtes les danseuses de la République.
Sa jambe s'étire et s'arque, longue, blanche aussi sa nuque comme celle d'un cygne, et le bras dessine son chant les doigts tendus, la chair lisse déjà, lisse comme une idole qui depuis deux mille ans a fait face au rocher; sa jambe se soulève, et le pied pivote, tout est sombre en-dessous mais ils se penchent quand même, appâtés,habitués, déçus encore et affamés, dégoutés apeurés et transis, morts déja, mais trop las pour s'y faire.
Vous êtes ce dernier luxe d'une France incontinente.
Alors dansez, maintenant.
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lsh
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7.9.06
Happy go-Lucky

J' ai vu le duc de Guise renaître de ses cendres entre deux théories tragiques et élégiaques
J' ai vu la bibliothèque blanche dérouler ses rangs sous mes yeux, et quarante six élèves penchés sur Ben Gourion lors je cédais au change
J'ai vu le vent emporter les corsages des hippies qui, dehors, cultivaient leur cancer les tresses aux aisselles
J'ai vu le vent secouer les brushings des yuppies, les croix des infidèles
J'ai vu le vent flotter sur les sourires fardés, les tresses encore longues, la boucle des talons
Et le soleil avait tout réduit à l'humain - à une masse compacte, suante et fatiguée, fière toujours comme l'est le clown blanc sous la crême, les yeux bas.
C'est vrai, j'attends les mots.
La prépa...c'est ça? Je pensais...exhilaration, découverte, peur bien sür mais impatience aussi, je pensais appétit, overdose, je pensais extrêmes, je revois un lycée qui parle de boulot comme on parle de tout, puisqu'on le doit, sans trêve.
Et moi? Je veux des nuits longues comme des rêves, des matins sans pensée, des soirs encore vivants, du lyrisme vous dis-je! Vu la réalité bétonnière qui règne, l'élite et ses tracas, combien d'années encore cet écart de la vie? Non, ce n'est pas le monde, c'est notre milieu, mon cher, car Mr.Histoire l'a bien vu, appuyé à l'estrade, hier -
la france forme ici ses élites. Vous êtes les nouveaux intellectuels de la nation, et à partir de maintenant, non, que dis-je? depuis bien des années déjà, cantonnez-vous y : vous vivrez. C'est la jungle, dehors, mes enfants ; pris en charge dans vos draps de soie et vos cellules psychologiques au moindre regard de travers, vous n'êtes adapté qu'à ça ; travaillez, donnez vous de la peine, et surtout profitez en avant la déchéance - ce bagne, ce bagne sera le cocon de nos plus belles années.
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lsh
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